Indications: tout trouble respiratoire qui ne peut être indubitablement imputé à une cause bénigne et réversible doit être examiné à l'aide d'une spirométrie. Celle-ci est également indiquée dans le cadre d'une évaluation de l'évolution ou d'un examen préopératoire. Les symtômes suivants devraient donner lieu à une spirométrie: dyspnée, toux, expectorations, exposition à la fumée, aux poussières ou aux produits chimiques (1).
Contraindications: il n'existe aucune contre-indication absolue à l'exception des crises d'asthme engageant le pronostic vital et des pneumothorax. La prudence est de rigueur chez les patients récemment opérés; la spirométrie est peu pertinente en cas de douleurs de la paroi thoracique ou de douleurs abdominales. Une forte toux et un état de faiblesse générale amènent à des résultats inexploitables (1).
Measurements: - Préparation pour l'examen:
- La mise en évidence d'une obstruction nécessite l'arrêt préalable du traitement par bronchodilatateurs, la carence en bêta-2-mimétiques et anticholinergiques à courte durée d'action doit être d'au moins 8 heures, celle en bronchodilatateurs à durée d'action prolongée d'au moins 24 heures (1).
- Dans le cadre d'un contrôle de réversibilité d'une obstruction des voies respiratoires il convient d'attendre aux minimum 15 minutes après l'inhalation d'un bêta-2-mimétique à action rapide. Une réversibilité partielle est considérée significative lorsque le FEV1 augmente de 12% ET de 200 ml en valeur absolue (1).
- Réalisation de l'examen:
- L'examen est en principe pratiqué sur un patient assis dont le nez a été préalablement bouché à l'aide d'un pince-nez. Tout vêtement ou toute ceinture serré(e) doit être retiré(e) au préalable (1).
- "Inspirez aussi profondément que possible, placez l'embout dans la bouche puis refermez-la de manière à ce que vos lèvres enserrent totalement l'embout. Expirez lentement et complètement, aussi longtemps que vous le pouvez (capacité vitale lente = "slow vital capacity")". Il est important de donner le signal de départ et d'encourager son exécution complète jusqu'à la fin "encore, encore, encore" (1).
- Après une courte pause, le patient doit à nouveau inspirer au maximum. S'ensuit une expiration maximale forcée et rapide "aussi constante et longue que possible" ou " comme si vous vouliez souffler toutes les bougies sur un gâteau". Il est important de donner le signal de départ et d'encourager son exécution complète jusqu'à la fin "encore, encore, encore" (1).
- Ce test doit être réalisé au moins trois fois (1).
- En cas de suspicion d'une obstruction des voies aériennes centrales ou d'une dysfonction des cordes vocales (goitre, sténose trachéale, "vocal cord dysfunction", une inspiration forcée doit également être réalisée (1).
- Critères de validité:
- Acceptabilité (1):
- Aucun artefact tel que la toux (au moins durant les 3 premières secondes), etc...
- Progression abrupte de la courbe à partir de zéro, atteinte du "peak-flow" après au moins 150 ms.
- L'expiration doit durer au moins 6 secondes.
- Reproductibilité (1):
- Au moins trois courbes acceptables doivent être obtenues.
- Les trois valeurs de mesure des FVC et FEV1 les plus élevées peuvent diverger au maximum de 0.15 litre entre elles.
- Classification (1):
- FEV1/FVC <70% -> obstruction: stades GOLD "post-bronchodilatation": stade I (FEV1 >80%), stade II (50-80%), stade III (30-50%) et stade 4 (<30%).
- FEV1/FVC >70%:
- FVC >80% -> normal.
- FVC <80% -> restriction.
- Examens approfondis (1):
- chez les patients avec une suspicion d'asthme mais disposant d'une fonction pulmonaire normale, une épreuve de provocation bronchique (métacholine) peut révéler une asthme latent.
- Etant donné que la spirométrie n'est pas capable de distinguer une augmentation du volume résiduel ("air trapping", en cas d'obstruction) d'une restriction, il est parfois judicieux de compléter l'examen par une pléthysmographie.
References: - Markus Gnädiger et al. La spirométrie au cabinet. Forum Med Suisse. 2014;14(37):683-688: full text | pdf.
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